Après la société civile, la coalition Yewwi Askan Wi va investir à son tour la Place de la Nation. S’exprimant lors d’un point de presse hier, mercredi 4janvier, la conférence des leaders de Yewwi Askan Wi a appelé à un rassemblement populaire à la Place de la Nation et dans les autres localités du pays le vendredi 6 janvier.

La coalition Yewwi Askan Wi durcit le ton contre le régime en place. Quelques jours après son concert de casseroles du 31 décembre dernier, cette principale force de l’opposition a annoncé hier, mercredi 4 janvier une autre manifestation. Il s’agit d’un rassemblement populaire prévu le vendredi 6 janvier prochain à la Place de la Nation et dans les autres localités du pays à partir de 15 heures. Lors d’un point de presse tenu au siège du PRP (parti politique de Déthié Fall) sis sur la Vdn, Khalifa Ababacar Sall, coordonnateur de la conférence des leaders de Yewwi Askan Wi a invité tous les Sénégalais à prendre part à ces manifestations qui s’inscrivent dans la continuité du rassemblement du 30 décembre dernier de la société civile. Lequel rassemblement populaire avait pour objectif d’exiger l’application des poursuites recommandées par la Cour des comptes dans son rapport sur la gestion des fonds du Covid-19

Prenant la parole, le maire de Ziguinchor et leader du parti Pastef, Ousmane Sonko a invité tous les Sénégalais à répondre massivement à ce rassemblement qui selon lui, vise trois objectifs. Poursuivant son propos, il a indiqué que le premier est de dire non à la « mauvaise gestion des deniers publics » qui selon lui, est à l’origine des difficultés que rencontrent les Sénégalais notamment les acteurs des secteurs primaire et secondaire. Ensuite, « non à la régression de la démocratie sénégalaise » du fait de « l’instrumentalisation de la justice par Macky Sall » à travers les procureurs, les juges d’instruction, la Cour suprême. Sous ce rapport, le maire de Ziguinchor n’a pas manqué de s’interroger sur le silence du président de l’Union des magistrats sénégalais (Ums), suite aux propos des ministres sur ses collègues magistrats de la Cour des comptes et de l’Ofnac. « Le plus grand adversaire des politiques, journalistes, activistes et influenceurs sénégalais reste la justice. Ni Benno ni l’Apr ne sont nos adversaires », a-t-il fait remarquer avant d’ajouter au sujet du troisième objectif du rassemblement de vendredi prochain que c’est pour dire « Non à la vie chère ».

Auparavant, l’ancien maire de Dakar a fustigé le système d’oppression de l’opposition érigé par le régime en place qui se traduit, selon lui, par des emprisonnements tous azimuts dont les derniers sont ceux des députés Massata Samb et Mamadou Niang. « 2022 a été très difficile pour nos camarades emprisonnés. Ils sont des dizaines et des dizaines de femmes et d’hommes qui croupissent en prison. Nous leur réitérons notre soutien. Mamadou et Massata sont des otages. Ils ont été incarcérés pour leurs principes et pour la lutte qu’ils mènent», a dénoncé Khalifa Ababacar Sall qui interpelle vivement le régime en place sur le sort du journaliste d’investigation Pape Alé Niang « très mal en point ». «Si Pape Alé Niang meurt en prison, je me demande comment pourrat-il relever la tête pour faire face à la Nation ? L’incarcération de Pape Alé Niang ainsi que tous les autres otages politiques ne seront pas vains », a-t-il cependant annoncé avant d’appeler les citoyens à une mobilisation soutenue jusqu’au départ de Macky Sall en 2024.

Abondant dans le même sens, Déthié Fall, leader du Partirépublicain et du progrès (Prp) invite à maintenir la mobilisation soutenue jusqu’au départ de Macky Sall. « Nous devons redoubler notre détermination en 2023 parce que c’est une année déterminante. Le Président Macky Sall nous trouvera sur son chemin. Il faut une mobilisation pour que le Président Macky Sall puisse connaître ses limites », a lancé l’ancien numéro 2 du parti Rewmi d’Idrissa Seck

Prenant la parole pour sa part, Aïda Mbodj estime que « Macky Sall est bien victime de son entourage qui ne cesse de montrer son incompétence et ses manquements ». Poursuivant son propos, l’ancienne présidente du groupe parlementaire « Liberté et démocratie » du Parti démocratique sénégalais (Pds) a toutefois invité le Chef de l’Etat à ne pas être passif sur la question de la mauvaise gouvernance et du troisième mandat car précise-t-elle, « nous avons les armes pour faire tomber ce régime. »

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