L’Angleterre et le Sénégal s’affrontent en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2022, ce 4 décembre à Al Khor. Un match un peu particulier pour la moitié des Sénégalais présents au Qatar : ils ont joué ou jouent toujours dans un club anglais.

Il y a 26 ans presque jour pour jour, un Sénégalais dupait le monde du football britannique. À l’aide d’un CV trafiqué, Ali Dia se faisait en effet engager par Southampton et devenait ensuite le premier Lion à disputer un match du Championnat d’Angleterre (Premier League), le 23 novembre 1996. Le Dakarois avait toutefois été remplacé au bout de quelques minutes de jeu.

Heureusement pour les deux pays, les formations de Premier League ne se sont pas arrêtées à ce coup de bluff. Surtout après la triomphale Coupe du monde 2002 (quart de finale) de la sélection sénégalaise. L’Angleterre est désormais le pays le plus représenté (10) dans le groupe d’Aliou Cissé, comme c’était déjà le cas au Mondial 2018.

« Le championnat anglais est hyper compétitif »

Cela veut-il dire que la France attire moins désormais que la Premier League et ses divisions inférieures ? « Certains joueurs qui évoluent en France rêvent parfois de partir en Angleterre, souligne Régis Bogaert, entraîneur-adjoint des Lions, à la veille du huitième de finale de Coupe du monde 2022. On sait que c’est un championnat extrêmement attractif ».

Le gardien de but Alfred Gomis qui a, lui, fait quasiment toute sa carrière en Italie avant d’atterrir dans le championnat français, va dans le même sens : « C’est un Championnat qui est hyper compétitif. Leur sélection aussi, avec des joueurs très puissants au niveau mondial. Mais la sélection sénégalaise, elle, reste sénégalaise, avant d’être francophile ou anglophile. »

« Les Sénégalais ont véritablement enrichi notre football

Au final, seule une quinzaine de Sénégalais portent les couleurs d’une des formations de première, deuxième ou troisième division anglaise. On est donc encore loin du phénomène de masse. En revanche, leur contribution n’a pas échappé à l’actuel sélectionneur adverse, Gareth Southgate. « C’est vrai que nous avons eu un bon nombre de joueurs sénégalais ces dernières années, de Patrick Vieira (sic)[1] à El Hadji Diouf et bien sûr leur sélectionneur actuel », souligne-t-il, évoquant notamment les passages d’Aliou Cissé à Birmingham et Portsmouth. « Certains sont en Championship [la deuxième division, Ndlr] mais la plupart sont en Premier League. Ils ont véritablement enrichi notre football », ajoute l’ex-défenseur, en conférence de presse.

S’il n’y avait pas un seul joueur du Sénégal évoluant outre-Manche lors du Mondial, au Japon et en Corée du Sud, la moitié de ceux présents au Qatar ont foulé (ou foulent encore) les pelouses anglaises, au quotidien. Le capitaine Harry Kane respecte particulièrement les deux actuels pensionnaires de Chelsea, Edouard Mendy et Kalidou Koulibaly. « Ce sont deux excellents joueurs et ils l’ont prouvé sur la scène internationale et avec leurs clubs ces dernières saisons. Bien sûr, ils représentent une force majeure pour cette sélection sénégalaise. Mais ils ont encore bien d’autres menaces et d’excellents joueurs en réserve et leur principal atout est leur solidarité. C’est aussi ce qui leur a permis de devenir champions d’Afrique, de se qualifier pour la Coupe du monde et de franchir la phase de groupes de ce Mondial », souligne l’avant-centre, qui a aussi glissé un compliment à son partenaire à Tottenham, Pape Matar Sarr. Retrouvailles ce 4 décembre à Al Khor, pour une place en quart de finale de cette Coupe du monde qatarienne.

Avec RFI

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