L’actualité toute récente au Sénégal a apporté un discours de témoignage sur l’état de notre démocratie – sur la manière peu féconde de se faire diriger à nouveau par d’autres sur un terrain glissant. Qu’on le veuille ou non, des témoignages sceptiques ont été prononcés à travers les réseaux sociaux et dans d’autres espaces dédiés à l’expression de la liberté de parole. Je ne suis pas trop attaché aux querelles politiques, encore moins à l’analyse des lignes de conduite observées _, mais les dernièrs événements m’ont donné l’impression que l’éthique est réellement absente dans la gestion du processus démocratique – et surtout par rapport à l’attachement aux institutions. Les députés de la quatorzième législature ont fini d’accroître le cynisme ambiant, j’avais Twitté…En réalité, l’éthique nous fait réfléchir à la manière dont on doit agir poir instaurer de bonnes pratiques au sein d’une institution par exemple. Elle est essentielle dans la mesure où toutes les questions sur la vie, la religion, la politique se recoupent dès lors qu’il s’agit de s’en prendre à une erreur, au rapport entre le Mal et le Bien, à la dignité, à la question de la confiance institutionnelle, aux règles politiques et sociales, etc. L’éthique se greffe ainsi aux questions politiques afin de permettre de situer les réponses. Mais pas que.

 Je passerai évidemment sous silence les dégâts matériels répertoriés pendant cette courte periode d’installation, sachant que les attributions d’honneur à un député demeurent également quelque chose de symbolique. Dans une institution comme l’Assemblée nationale, l’on doit penser à instituer des valeurs communes fondées sur le sentiment d’appartenance à une réalité reliant la communauté et ceux qui gouvernent. L’assemblée nationale semble clairement traduire cette réalité: les aspirants au pouvoir côtoient naturellement dans leur environnement les besoins légitimes de respect et de confiance de de ceux qui leur ont élu. De même, les communautés élisent les députés et ont un droit de regard légitime et cohérent sur les pratiques internes et externes. Sans les communautés par exemple, les députés ne seraient pas à l’assemblée nationale en train de faire leur show politique. Pourtant, certains hommes politiques ne semblent pas comprendre comment fonctionne le leadership politique dans le monde actuel. Rappelons que nous sommes dans un monde de plus en plus connecté et relié par les algorithmes de l’habitude ; les manifestations et autres injonctions extérieures deviennent monnaie courante. Et cela informe aussitôt sur les nouvelles aspirations démocratiques et la volonté des citoyens d’être informés sur le modèle de gouvernance en vigueur dans leurs différents pays. Les réseaux sociaux ont totalement bouleversé les schémas habituels de faire ou de voir la politique telle qu’elle se pratique à l’échelle des pays concernés. Dans ce cas, nous sommes tous dans l’obligation de cultiver des vertus essentielles comme l’empathie, la responsabilité, l’intégrité et la loyauté, voire même la sympathie. Par exemple, le philosophe écossais David Hume croyait que la sympathie était le fondement de l’éthique. Le philosophe Emmanuel Levinas pensait de son côté que le processus d’engagement avec l’Autre et de reconnaissance des différences entre nous et eux était la base de l’éthique . Toutes nos théories, concepts et idées sur ce qu’il faut faire et comment vivre commencent par reconnaître que nous devons nous engager avec d’autres personnes qui sont différentes de nous. Les députés ne sont pas réellement des ennemis, mais des collègues qui doivent travailler ensemble comme des héros pour le bien commun.

El hadji Thiam est chroniqueur d’opinion. Il est également membre du  corps professoral de l’Ecole Dentaire Internationale.

 

 

 

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here