Une place de l’Obélisque verrouillée depuis la veille, jeudi, une ville de Dakar quadrillée par un impressionnant dispositif sécuritaire, les leaders de l’opposition confinés chez eux ou arrêtés, des affrontements et des courses-poursuites dans certaines artères de Dakar toute l’après-midi : tel a été le décor qui a rythmé la manifestation interdite de la coalition Yewwi Askan Wi hier, vendredi, à Dakar. Au final, la «résistance» de la coalition de l’opposition pour la défense de la liberté constitutionnelle de manifestation, sur fond de protestation de l’invalidation de la liste nationale des titulaires de Yaw, a bousculé la quotidienneté de Dakar, occasionnant au passage la mort malheureuse d’un jeune à Colobane.

La journée d’hier, vendredi 17 juin 2022, a été chaude dans la capitale sénégalaise. Pour cause, l’interdiction de la manifestation de la coalition Yewwi Askan Wi à la place de l’Obélisque, par le préfet de Dakar Mor Talla Tine, a poussé les militants et autres jeunes à aller au combat contre les forces de l’ordre qui avaient verrouillé la place de l’Obélisque devant abriter le rassemblement de l’opposition. Des forces de l’ordre qui avaient pris d’ailleurs moult dispositions pour noyer dans l’œuf la mobilisation de la coalition Yewwi Askan Wi. Dans leur volonté d’étouffer la manifestation annoncée par l’opposition en ce vendredi, les autorités et les forces de l’ordre avaient disposé un assez massif dispositif en hommes et en matériel autour du centre-ville. Qui plus est, des fourgonnettes de la police étaient visibles partout à Dakar.

La place de la Nation ex-Obélisque, était quadrillée et verrouillée depuis la veille, jeudi, par les forces de sécurité qui avaient fermé tous es accès. À la cité Keur Gorgui, chez Ousmane Sonko, principale figure de proue de Yewwi Askan Wi, les forces de l’ordre avaient tout barricadé depuis le matin. Il était impossible au leader de Pastef-les Patriotes de sortir de chez lui. L’opposant qui n’a pu effectuer la grande prière de vendredi à cause des forces de l’ordre qui l’ont empêché de sortir de son quartier, a accusé Macky Sall, le chef de l’Etat, de l’avoir privé de sa liberté de culte. Il n’était cependant pas le seul à être confiné dans sa maison.

Le maire de Dakar, Barthélémy Dias, subira le même sort lorsqu’il a voulu rejoindre le point de jonction de Yewwi Askan Wi pour se rabattre sur la Place de l’Obélisque. Entre temps, la Cour Suprême était convoquée en urgence pour une audience à 13h30 aux fins de statuer sur la requête en référé-liberté déposée par la coalition Yewwi Askan Wi, suite à la décision du préfet de Dakar d’interdire le rassemblement sur la voie publique de ce vendredi par l’arrêté n193/P/D/ DK du 15 juin 2022. Les juges de la juridiction susnommée ayant rejeté la requête et conforté l’Exécutif local de la capitale dans sa décision, les principaux leaders de Yewwi qui cherchaient à rejoindre la maison d’Ousmane Sonko, point de départ du convoi vers la Place de la Nation, ou qui convergeaient vers ladite place ont été alpagués par les forces de l’ordre.

Le maire de Guédiawaye Ahmed Aidara est arrêté après les proches d’Ousmane Sonko cueillis le matin à la Cité Keur Gorgui. Le mandataire national de Yewwi Askan Wi, le député Déthié Fall, est cueilli aux alentours du siège de son parti, le Pep. Même la député Mam Diarra Fam du Pds est arrêté alors qu’elle se dirigeait vers la demeure d’Ousmane Sonko, à la Cité Keur Gorgui.

Malgré l’impressionnant dispositif sécuritaire et les arrestations qui s’opéraient, les manifestants ont essayé vaille que vaille de rejoindre le lieu du rassemblement, en guise de défiance face à l’interdiction de l’autorité préfectorale. Des heurts ont alors éclaté vers 17 h de manière sporadique dans certaines artères de Dakar, avec comme point d’orgue Colobane aux environs de la Place de l’Obélisque. Une sorte de guérilla urbaine, menée par de jeunes manifestants, s’installait ainsi occasionnant des courses-poursuites entre partisans de l’opposition et forces de l’ordre dans la capitale sénégalaise.

L’air à Liberté VI, aux HLM, à Colobane étaient le temps d’un instant devenu irrespirable du fait des gaz lacrymogènes et des pneus brûlés sur la route. Les forces de l’ordre parvenaient toutefois à canaliser rapidement les ardeurs des manifestants et à libérer les voies de circulation. Les manifestants se rabattaient alors sur d’autres voies et les forces de l’ordre étaient obligées de les suivre au pas pour des chassés croisés qui ont duré jusqu’aux environs de 20h aux HLM.

La station Total des environs de la Mosquée Massalikul Jinaan subira les foudres des manifestants et sera vandalisée. A Colobane, un jeune touché par une grenade lacrymogène ou qui s’est brûlé avec de l’essence, information à confirmer, sera gravement atteint. Il a finalement succombé à l’hôpital, rapporte-t-on.

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