« A titre personnel, je suis contre la limitation des mandats. Je suis aussi contre de les limiter à 5 ans. Je suis contre aussi le fait que l’on limite l’âge à 75 ans » !
En tenant de tels propos, le Président de notre groupe parlementaire BBY, se rendait-il compte, qu’il plaidait pour une « Présidence à vie » !?

Que fait il des sacrifices endurés depuis les années 60, par notre peuple dans des luttes mémorables contre la Présidence à vie, portées par des Partis qu’il représente à l’Assemblée Nationale ?

Ou bien, plus récemment, la lutte héroïque menée pour l’Alternance démocratique et la limitation des mandats à deux du président de la République, qui a été couronnée par le Code électoral consensuel de 1992 ?

Et que fait-il des martyrs du peuple en 2012, dans la lutte pour le respect de la limitation des mandats à deux, à laquelle le Parti qu’il représente à l’Assemblée nationale comptait parmi ceux qui ont payé un très lourd tribut ?

Comment a-t-il pu ne pas tenir compte de son statut de Président de groupe parlementaire de BBY, qui a appelé le peuple à adopter la Constitution de 2016, qui a consacré, non seulement la limitation des mandats du président de la République à deux, mais aussi leur durée à 5 ans, et l’âge limite des candidats à 75 ans ?

Comment n’a-t-il pas su, qu’en tant que Président du groupe parlementaire de BBY, il a l’obligation politique et morale de défendre, dans l’opinion, ces avancées remarquables de notre peuple, portées pas la Majorité présidentielle, dans la démocratisation de l’élection du président de la République au suffrage universel direct, dans notre pays ?

N’a-t-il pas compris que sa vision de l’élection présidentielle à vie dans un régime présidentiel s’apparente à une Monarchie, alors que la nature républicaine de l’Etat du Sénégal est non révisable selon la Constitution que notre peuple s’est librement dotée ?

Cependant, s’il n’est pas adepte d’une monarchie, son refus de la limitation des mandats et de l’âge des candidats à la présidence de la République, ne peut se concevoir que dans un régime parlementaire qui sépare le pouvoir exécutif et la fonction du Président de la République élu au suffrage universel indirect.

Dans un tel régime, seul le suffrage du peuple limite le nombre de mandats du Premier Ministre issu de la majorité parlementaire, détenteur du pouvoir exécutif, tandis que l’âge du Président de la République élu au suffrage universel indirect, ne souffre d’aucune limitation.

Il faudrait donc, après ces propos tenus publiquement, que le Président du groupe parlementaire de BBY, mette de la cohérence entre ses convictions personnelles et sa fonction, en demandant une réforme du régime présidentiel en vigueur, pour instaurer un régime parlementaire, afin de mettre fin au cumul de la fonction de président de la République avec celle de Chef de l’Exécutif, pour empêcher toute dérive à la monarchisation de Etat, que portent les velléités de contourner les dispositions de la constitution qui limitent le mandat du président de la République, à deux non renouvelable, sa durée à 5 ans, et l’âge des candidats à 75 ans.

Partout en Afrique, le régime présidentiel qui permet le cumul de la fonction de président de la République avec celle de Chef de l’Exécutif, a atteint ses limites sociales et politiques, et porte en lui, d’une part, les germes de violence et de déstabilisation à chaque échéance électorale, et, d’autre part, les dérives vers la monarchisation de l’Etat.

Dans notre cas, en prendre conscience et s ‘en défaire dès maintenant, avant la présidentielle de 2024, est le seul moyen de continuer à préserver la paix civile et la stabilité du pays, qui sont nécessaires pour un développement durable, soutenable et inclusif, d’un Sénégal Emergeant.

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