Alors que nous célébrons la journée internationale des droits des femmes le 08 mars, les inégalités entre les sexes qui existaient bien avant s’intensifient. Toutefois, malgré cette “ pandémie de l’ombre”, des femmes ont marqué à leur tour un leadership relationnel largement justifié sur le plan politique.

Pour évoquer la situation catastrophique dans laquelle sont plongées beaucoup de femmes dans le monde, certains observateurs n’hésiteront pas une seconde à parler de “culture misogyne”, ou encore d’écart entre les sexes – en termes de traitement bien évidemment, de manque de responsabilité décisionnelle au sein des instances de gouvernance mondiale, de mauvais traitement dans les services, d’harcèlement sexuel, de non prise en charge dans les cellules de protection sociale, etc. Quelque chose qui a l’air simple mais qui mérite une profonde analyse.

Pour préparer cet article, je me suis aventuré à lire des productions scientifiques faites sur l’evolution de la couche féminine dans les domaines tres serrés de l’économie et de la politique, notamment au Japon et aux États-unis. Aux premiers abords de notre recherche, l’on a découvert sans surprise que ce sont les mêmes étiquettes conventionnelles qui réapparaissent partout: les femmes sont des agents utiles dans le secteur de la santé; elles peuvent devenir des infirmières par exemple; elles peuvent aussi servir dans les marchés pour vendre des produits; leur rôle consiste naturellement à s’occuper des tâches domestiques ou des enfants à la maison. Alors, partant de là, la vision sommative voudrait que certains domaines d’action soient le simple fait des compétences féminines – et que d’autres soient réservés aux hommes. Aussitôt, nous comprenons dés lors que la formule “penser manager, Penser masculin » n’a pas encore perdu de son lustre dans la sphère de la vie publique.

Dans le domaine de l’économie par exemple, des chercheurs americains ont décelé les écarts historiques qui existent entre les hommes et les femmes depuis des années lumière, arguant évidemement le fait que les conditions sociales des femmes sont un facteur de explicatif de cette situation. Pour soutenir cette opinion selon laquelle les femmes sont largement en arrière par rapport aux hommes dans ce domaine, les chercheurs ont posé la thèse de l’absence de compétences des femmes et en expliquent les facteurs pouvant être des raisons de leur échec. Le monde a de fait évolué sous le stéréotype “ panser manager, penser masculin ». Ainsi, ces conclusions seront faites à partir déjà de l’analyse faite sur l’indice d’écart entre les sexes et en ce concentrant sur sur quatre dimensions : la participation et les opportunités economiques, le niveau d’éducation, la santé et la survie, l’autonomisation politique. Le japon a produit plus de 20 lauréats du prix Nobel en physique chimie et médecine, mais ce sont tous des hommes. De même, les récompenses économiques ne sont pas aussi glorieuses pour les femmes car, depuis 1969, seulement deux prix Nobel ont été attribués à ces dernières. Des recherches poussées ont également mis à l’ordre du jour le fait que la culture misogyne se développe beaucoup plus dans les domaines des STEM et STIM( Sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) partout où il y a la concurrence entre hommes et femmes. Les femmes sont été sous- représentées de manière disproportionnée tout au long de l’histoire. L’exemple le plus simple est qu’Il y a eu 572 hommes lauréats du prix Nobel de physique, ou de chimie ou de médecine depuis Marie Curie en 1903. Seules 17 femmes ont remporté ce titre.

Pendant trop longtemps, les domaines STEM ont été façonnés par des préjugés sexistes qui excluent les femmes et les filles . «Il y a beaucoup de femmes qui travaillent dans l’industrie de la technologie, mais elles n’ont pas de plateformes pour montrer leur potentiel. Malgré cela, les femmes et les filles repoussent les limites chaque jour, selon la thaïlandaise Jennie.] Ce 11 février, l’ONU femmes a célébré la Journée internationale des femmes et des filles et des sciences en mettant en lumière quelques-unes des femmes et des filles du monde entier qui ont apporté d’énormes contributions pendant la crise actuelle. Et pourtant les innovations ne manquent pas pour résoudre ces écarts ou inégalités entre les sexes. La technologie civique peut être une des solutions efficaces. La technologie civique est en réalité un domaine émergent qui s’attaque aux défis locaux en rassemblant des praticiens de la technologie, des décideurs politiques, des militants et des organisations locales pour concevoir des projets qui améliorent la participation des citoyens. Bien que motivée par des idéaux démocratiques, elle risque néanmoins de tomber dans les mêmes pièges que d’autres domaines du design et de la technologie, où les hommes occupent la majorité des emplois. Sans inclusivité, il y a un danger à essayer de créer des solutions qui ne répondent pas vraiment aux besoins des populations qu’elles sont censées servir.

Quid de la situation des femmes durant la pandémie covid19 ?

 

Depuis l’éclosion de la pandémie du coronavirus , les femmes sont presque les principales victimes de l’absence de solutions à la crise. Selon le dernier rapport de l’ONU femmes, une femme sur trois subit les violences physiques ou sexuellement du fait d’un partenaire intime. En effet, les données émergentes et les rapports ont montré que les types de violence concernent beaucoup plus les femmes que les autres. C’est d’ailleurs ce qui explique l’idée selon laquelle il y aurait une pandemie de l’ombre actuellement. ONU femmes, l’entité des Nations unies dédiée à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes en fait un combat politique mais aussi communautaire. Alors que nous célébrons la journée internationale des droits des femmes, les inégalités entre les sexes en temps de pandemie s’intensifient. Dans le monde, 70% des agents de santé et des premiers intervenants sont des femmes. Et selon le mmême rapport, 96 millions de personnes seront plongées dans une extrême pauvreté à cause de la pandemie d’ici à fin 2021, dont 47 millions de femmes et 740 millions d’employés dans l’économie informelle, sachant que les femmes élèvent actuellement plus de 168 millions d’enfants dans le monde.

“Penser  crises,  penser  femmes”

Mais le contexte actuel semble nous expliquer un tout autre phénomène politique, voire mêm economique – bien vrai que les inégalités de genre soient une réalité dans le monde. Aux États-unis,  environ un quart de la législature est des femmes. Kamala Haris vient de devenir la première femme vice-présidente de l’histoire des États-unis. La moitié du cabinet de Joe Biden est composée de femmes au courage exceptionnel. Dans le domaine des affaires, les femmes obtiennent des scores élevés comparés à la stature actuelle des hommes. Ces progres dans les affaires constituent en même temps la belle illustration que ces femmes économiques sont capables de concurrencer les hommes dans le domaine du business technologique ou du marketing commercial. Pour preuve, toutes les entreprises S & P500 comptent au moins une femme au conseil d’administration. Dans le domaine politique, le leadership relationnel des femmes a également montré ses preuves comme quoi les femmes sont susceptibles de gerer des crises de cet ordre sans tambour ni trompette. Des pays durement touchés par la pandemie du Covid19 sont vite sortis de la crise du fait du leadership apporté par leurs dirigeants( majoritairement des femmes). Parmi ces pays, on peut notamment citer la Nouvelle Zelande, l’Allemagne, la Finlande, l’Islande, le Danemark, la Norvège et Taïwan…De plus, une analyse de 122 discours prononcés par des hommes, pendant cette pandémie, utilisant davantage d’analogies de guerre et de tactique basées exclusivement sur la menace et la peur prouvent clairement le manque de leadership relationnel ou communautaire des hommes au pouvoir. Gràce à des réponses politiques proactive et coordonnées, à l’écoute, à la science, ainsi qu’à un leadership relationnel, les femmes au pouvoir ont su donner la confiance à leurs populations jusqu’à évacuer le stress de la mobilisation et de la sensibilisation autour de cette pandemie. En ce qui concerne la recherche de solutions par rapport à cette crise du coronavirus, Le Dr Kizzmekia Corbett est par exemple l’un un des principaux scientifiques derrière la recherche sur les vaccins du gouvernement américain . Corbett fait partie d’une équipe au sein des National Institutes of Health qui a travaillé pour développer l’un des vaccins qui est efficace à plus de 90%.Reconnaître les contributions et le leadership du Dr Corbett dans la recherche sur les vaccins pendant la pandémie est particulièrement important à la fois parce que le COVID-19 a eu un impact disproportionné sur les communautés noires aux États-Unis, et parce que souvent les femmes noires dans la science ont été exclues des livres d’histoire, selon le site de l’ONU. D’autres femmes en Afrique se sont également illustrées dans ce sillage, à limage de NGozi Okonzo- Iwela. Ngozi Okonjo-Iweala, ancien ministre nigérian des Finances et directeur général de la Banque mondiale, est un leader politique courageux et éprouvé. Depuis le 1er mars 2021, elle est la première femme et aussi la première Africaine à diriger l’OMC. Autrefois une institution mondiale pivot, l’OMC, en partie carrossée par ses pratiques consensuelles, s’est déplacée, du moins pour le moment, sur la touche de l’intégration économique mondiale. L’espoir évident est que Ngozi, qui est bien connue pour son courage personnel et son sens institutionnel, puisse équilibrer les intérêts opposés d’une manière qui rend l’OMC à nouveau pertinente.

El Hadji Thiam est chroniqueur d’opinion. Son projet de livre actuel est : “ le Monde dans l’histoire, petit precis de culture Monde », aux Éditions les Elites.

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