Félix tshisekedi présentera son plan pour mettre fin à la pauvreté dans son pays, le Congo. C’est ce que nous rapportent les médias étrangers cette semaine. En voici un court extrait:

Le président Tshikedi dit souhaiter agir sur 145  territoires, tous en zone rurale ou périurbaine. Il a pour objectif de sortir de pauvreté ou l’extrême pauvreté vingt millions de sa population sur cette période ( de cinq ans). Il s’agit d’améliorer l’accès  de ces populations aux services sociaux, économiques, et aux infrastructures.

Il s’est engagé à réduire la pauvreté dans son pays pour une durée de cinq ans à défaut de le combattre. Comme tous les autres phénomènes sur terre,  la question de la pauvreté inspire toutes les controverses possibles, voire tous les fantasmes théoriques et politiques, y compris parfois certaines propositions. Récemment, ce phénomène a introduit une nouvelle approche du point de vue de son éradication par les acteurs. Laquelle approche se base plutôt sur ce qu’ils ont appelé dans leur jargon idéologique » l’économie expérimentale ou comportementale ». Avant ces chercheurs nobelisés dans le cadre de ce travail empirique,  à savoir Esther Duflo, Abhijit V. Banerjee et Michael Kremer, il existait déjà plusieurs plans de lutte formalisés dans ce sens par les organisations non gouvernementales, les gouvernements, les programmes des Nations-Unies, les ODD, les OMD etc.,  sans oublier les contributions faites par de grands économistes du monde entier. Voire même les slogans  » zéro pauvreté « … Le constat est cependant le même. La pauvreté est un mot chargé de sens et de symbolisme pour ces multiples chercheurs scientifiques et économistes, qui ont voulu, cette fois-ci, prendre la question à bras le corps en sortant des généralités. Elle apparaît  également comme un sujet très sérieux pour  ne pas faire l’objet de débats économiques,  de discussions entre groupes d’experts, de rencontres, de panels internationaux dans toutes les sphères d’activité ou de propagande. Or, les médias n’ont pas manqué de rappeler » l’atroce difficulté » à vouloir réduire ce phénomène à une simple équation;  » la pauvreté multidimensionnelle  » fait encore rage dans un certain nombre de pays du globe, en particulier dans les pays du Sud.  L’Inde et l’Afrique sont presque les zones les plus touchées par ce phénomène difficile, selon les scientifiques de l’économie expérimentale. Voilà une connotation supplémentaire pour définir l’instabilité d’une telle problématique dans le monde. Martin hurt,  économiste de renom,  est même allé jusqu’à se poser  cette question pertinente : « A qui appartient la pauvreté ? »  sommes-nous tentés de répondre ceci pour autant  » la pauvreté appartient au clan du président congolais , à son continent à lui ». Car il le reconnaît lui-même. A l’évidence, le Congo souffre d’un manque criard d’infrastructures, de services de santé  de qualité et de routes adéquates pour assurer la mobilité sur le plan économique.  Ici, la comparaiqon avec un pays comme  le Singapour est pertinent.  Singapour a réglé cette équation.

C’est en Afrique qu’il faut, peut-être, partir pour espérer comprendre la notion de pauvreté de masse  au niveau mondial. Autrement dit, l’Afrique pourrait à cet effet constituer un indicateur suprême de pauvreté  pour comprendre ce qui se trame dans le reste du monde, en termes de mutations, de changements, d’innovation technologique, ou même de régression écologique et économique.  Ce qui est par ailleurs facile à comprendre.

Je lisais  récemment un papier sur le Singapour, son modèle de réussite que les chercheurs ne cessent de vanter à la faveur de grands forums économiques . Il est clair que Singapour déploie de plus en plus sa richesse économique dans le monde entier à travers son modèle social touné vers l’innovation technologique, l’absence de corruption, le développement de son secteur privé et public et, en dernier lieu, sa maîtrise des transferts.  Ce qui est le résultat d’une performance équilibrée et solide, selon plusieurs analystes. Actuellement, le Singapour est classé premier parmi ces  cinq pays qui ont réussi une économie riche en production technique et technologique. Une situation économique favorable à l’esprit de créativité  qui contraste  en même temps avec celle  catastrophique qui caractérise le continent africain dans son ensemble, où les spéculations économiques prennent le pas sur l’engagement économique et politique en vue d’un essor durable.

 

Dans le dernier rapport sur la compétitivité mondiale du forum économique mondial, Singapour a obtenu 85 points sur un total possible de 85,  ce qui le place au dessus de Hong Kong, les États-Unis, des pays bas et la suisse parmi les cinq premio.

 

Félix  Tshisekedi voudra, comme ses pairs, faire semblant en parlant de combat contre la  pauvreté dans son pays, le Congo Kinshasa.  Felix Tshisekedi le dit: il a dit avoir trouvé l’hypothèse actuelle d’un budget à dix milliards…  Le Congo Kinshasa est historiquement un pays bâti sur les ruines de la pauvreté endémique, symptomatique de la crise politique sans fin, et  en raison de la mauvaise gouvernance politique et économique durant les règnes de Mobutu, de Kabila et de son fils. Son modèle économique ne favorise pas la réduction de la pauvreté, même sur trois décennies. Le fait qu’il ait existé une économie extractive, et non inclusive, favorisera toujours une certaine catégorie de la population, pour ne pas dire un clan politique composé d’hommes d’affaires et de politiciens véreux, comme en témoigne ce simulacre d’élection dont il a largement bénificié. Même si rien échappe plus désormais à l’horizontalité de la démocratie,_( cette Formule est de Pascal Brunkner et Alain Finkielkraut),  certains pays  tels que le Congo, le niger, le Mali, le Soudan etc.,  atteindront difficilement le cap de l’émergence économique.

A l’image des autres dirigeants du Continent fraîchement élus et d’un Boris Johnson en Angleterre , Étienne Tsheke veut lui aussi se considérer comme »  un prophète politique » capable de  prédire et d’affecter des solutions durables à son économie. Une tâche théoriquement faisable mais difficile à réaliser dans un pays où le tissu économique est complètement déchiré par les divisions politiques et la rébellion.   En vérité, de telles hypothèses économiques vont  toujours s’averer fausses. L’économie est certes une science qui explique certains faits politiques, mais elle ne peut prévaloir la réussite  au plan politique de nos dirigeants despotes et sans convictions fermes.  Le coup de Poker de Joseph Kabila n’aura pas forcément un impact positif sur l’avancée économique du Congo.

 

El hadji Thiam est chroniqueur d’opinion

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