Abdoulaye Makhtar Diop et les responsables de la collectivité lébou ont tenu, hier, une conférence publique à la Médina pour se prononcer particulièrement sur les contrats pétroliers portant sur «Kayar offshore profond» et «Rufisque offshore profond».

Comme de coutume, chaque fois que la situation politique du pays est critique, la collectivité léboue donne sa position. C’est le cas, hier, à la Médina où elle s’est prononcée sur les contrats pétroliers, en particulier ceux de Petro Tim et le débat qui s’en est suivi. Si les contrats de Petro Tim intéressent particulièrement cette collectivité, c’est parce qu’ils portent sur « Kayar offshore profond » et « Rufisque offshore profond ». Selon le Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, « la collectivité lébou est en phase avec le Président de la République dans la gestion de ce dossier ». Il fait référence « à toutes les lois qui ont été prises », notamment le Code pétrolier, le Code minier, la loi sur le contenu local, l’adhésion à l’Initiative pour la transparence des industries extractives (Itie), etc. A ceux qui agitent la question de la renégociation des contrats, il dit que la clef de répartition des revenus ne défavorise pas le Sénégal.
Toutefois, le grand Serigne de Dakar estime qu’avant de régler les fonds pour les générations futures, il faut d’abord fixer le problème des générations présentes, avec le débat sur le pétrole et les tensions qui vont avec. Il salue « la lucidité du Président de la République qui n’a pas demandé aux majors des avances de trésorerie sur les revenus prévisibles », comme c’est le cas parfois dans certains pays pétroliers africains. Abdoulaye Makhtar Diop ne comprend pas pourquoi les débats sur le pétrole tournent essentiellement autour de Petro-Tim et la rémunération d’Aliou Sall. « Il y a plusieurs autres contrats qui sont signés », rappelle-t-il. Donnant en exemple le secteur de l’immobilier, il trouve normal la rémunération d’Aliou Sall en tant que courtier. Le grand Serigne invite les Sénégalais à plus de vigilance pour éviter la malédiction du pétrole. De son point de vue, « le Sénégal devrait avoir toutes les ambitions et les prétentions pour que notre pays, avec ces ressources, se développe ». A en croire Abdoulaye Makhtar Diop, si le Président Macky Sall voulait favoriser son jeune frère par des « manigances », il n’avait nullement besoin de signer un décret pour le faire « parce que dans la pratique internationale en la matière, la signature du ministre engage son Etat ». A plus forte raison, souligne-t-il, un contrat approuvé par le chef de l’Etat. Les contrats dont il parle et qui intéressent sa communauté sont signés le 25 octobre 2011 et portent sur « Kayar offshore profond » et « Rufisque offshore profond ». S’il voulait le faire, affirme-t-il, il pouvait tout simplement se contenter du contrat signé par le ministre d’Etat Karim Wade, le directeur général de Petrosen Ibrahima Mbodj et Karl Thompson de Petro Tim, des contrats approuvés par le chef de l’Etat de l’époque, Abdoulaye Wade. Tout en rappelant que dans la Constitution sénégalaise, le Président sortant reste en exercice jusqu’à la prise en fonction de celui entrant, le grand Serigne estime qu’aucun document juridique n’implique le Président de la République Macky Sall, dans ce qui est prétendu être du faux. Il tient à faire remarquer qu’il ne remet pas en cause l’autorité du Président Abdoulaye Wade lorsqu’il signait ce contrat encore moins celui de son ministre d’Etat Karim Wade. Par ailleurs, il précise que « s’il n’y avait pas ces contrats dument signés et approuvés par le Président Abdoulaye Wade, il n’y aurait pas eu de contrats signés par Macky Sall ».

Pour une modification de la loi sur le Contenu Local

D’après le grand Serigne de Dakar, la loi sur le contenu local doit changer d’intitulé parce que, souligne Abdoulaye Makhtar Diop, la notion de contenu local n’exprime pas ce qu’il y a dans le fond de la loi. Le fond de celle-ci, poursuit-il, c’est la défense des intérêts des sociétés sénégalaises. Il estime qu’il devait plutôt s’appeler loi pour la défense des intérêts des Sénégalais. « Ce qui manque dans ce contenu local, c’est la garantie du foncier et de l’immobilier », fait-il remarquer non sans proposer qu’elle soit corrigée. « Si cette loi n’est pas corrigée, elle va mettre en danger les populations de ces zones (Kayar et Rufisque) », alerte le grand Serigne. Il souhaite alors, à l’instar du pôle urbain de Diamniadio et du Lac Rose, la mise sur pied d’une structure pour gérer les terres de Kayar et de Rufisque, en rapport avec les populations. Pour ce qui concerne Dakar, le Grand Serigne dit craindre une hausse des prix de l’immobilier.

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