2019 ! Cette année qui commence à peine se veut déjà une période « suspense ». Elle permet déjà toutes sortes de prospectives, arrachant aux analystes et spéculateurs férus des scénarii dignes d’un Sherlock Holmes.

L’année électorale a débuté sous des auspices qui donnaient les prémices d’un moment trouble pour la nation sénégalaise, le nouvel an accueilli par des conjectures, opposition et pouvoir se regardant en chiens de faïence.

La presse s’affiche. Les patrons de presse, aussi. 

A peine les recalés du parrainage connus, les alliances se sont faites. Le parrainage, ce procédé inique imposé aux partis politiques, n’a souffert d’aucune contestation. Le Conseil Constitutionnel, décrié et sans crédibilité, a eu l’ingénieuse idée d’inviter des membres de la société civile à participer au décompte des parrains de chaque candidat à la candidature. Étonnant, mais astucieux ! La seule présence de ses représentants citoyens aura suffi à donner du crédit à la décision du Conseil.

Ainsi donc, la liste de cinq candidats est publiée. Boun Abdallah avait vu juste, sa boule de cristal avait bien tourné.

Toutefois, avant d’entrer dans l’analyse directe du scrutin que nous venons de vivre, je me ferai une digression sur quelques sujets qui me paraissent incontournables pour bien disséquer les résultats que le Juge Demba Kandji a proclamés, dans un malaise perceptible, et qui seront sans nul doute confirmés par le Conseil Constitutionnel.

Une élection présidentielle vaut elle le chamboulement du Fichier des Identifications Nationales ?

Le système électoral est-il conforme à la sociologie sénégalaise ?

Ma réponse à la première question est non. Ce fichier qui ne cesse d’être traficoté, malmené dans tous les sens, est un outil précieux pour un pays, surtout un pays jeune comme le nôtre. Ce fichier, non seulement, permet l’identification des individus qui composent notre nation, mais permet de contrôler toute personne par l’administration. Ma pensée est peut-être simpliste, mais ma conviction est que ce fichier a perdu de sa fiabilité. Et il y va de la sécurité du pays, au-delà des questions électoralistes.

Les sociologues et autres anthropologues m’apporteront la contradiction mais, à l’état actuel, je pense que le système de gouvernance tout comme le modèle électoral ne sont pas adaptés à notre type de société. A mon avis le premier frein est l’analphabétisme. La plupart des sénégalais font leur opinion après écoute des différentes revues de presse. Cela est en amont du processus électoral. La perception que le peuple a des affaires étatiques, des hommes politiques, des politiciens, des religieux et célébrités fait que le discours politique marche dans un sens ou dans l’autre. Ceci explique la facilité déconcertante, la désinvolture, par laquelle un politicien sénégalais change de camp, à sa convenance.

On ne prête pas attention à son discours, sa personnalité et surtout ses moyens suffisent à prouver sa capacité de mobilisation des foules. Le terme employé par la presse est la transhumance. Mot qui renvoie à l’idée de cheptel. Je n’en dirai pas plus.

DES CINQ …

L’impopularité du Président sortant aura marqué tous les esprits.

Jamais, au Sénégal, dans une campagne électorale, le Président n’a eu autant de mal à mobiliser. Les images d’un candidat en plein discours devant un auditoire du stade Senghor presque vide restent fraîches dans les mémoires. Les gens viennent pour leur sandwich et leur argent mais s’en vont aussitôt ; avant même le discours du leader.

La coalition Benno Bokk Yaakaar qu’il dirige, à coups de billets de francs CFA et de promesses, a cherché à amadouer les sénégalais pendant trois semaines de campagne, et même avant, sans en tirer un franc succès.

Les ralliements, tous azimuts, ont eu le fâcheux effet de diviser le camp de la majorité au pouvoir.

Le peuple sénégalais a assisté à des distributions de sacs de riz, casquettes et autres fantaisies à travers le territoire national. Ces états de fait renseignent sur la problématique des financements des candidats à la Présidence de l’Etat sénégalais.

L’ancien Premier Ministre, affectueusement surnommé Ndamal Kajoor, n’a pas su cristalliser tous les déçus du régime en place. Il donne l’impression d’avoir roulé avec le frein à main.

Et dire qu’une grande coalition s’est formée autour de sa candidature ! 

Idrissa Seck dont la frustration ne peut être voilée a péché dans son approche politique de cette élection. Il a fait confiance à la maturité du peuple sénégalais, il a eu tort, vraisemblablement.

Cependant, on aura remarqué, tout au long du processus électoral, sa volonté de réunifier la famille libérale allant même à dire, qu’une fois élu, il fera de l’ancien Président Abdoulaye Wade un monument à la dimension d’un Nelson Mandela. Hélas, le Vieux Njombor est resté sourd à ses flatteries et éloges. 

Ousmane Sonko, toutefois, la nouvelle vedette de la sphère politique, et ses camarades patriotes ont bien espéré le soutien du Pape du sopi. Les deux leaders se sont rencontrés, très certainement par l’entremise de Mr Goudiaby ATEPA, mais aucun soutien n’est venu de l’homme de la première alternance au Sénégal. Cette entrevue se révèle même être un piège pour le candidat Sonko qui a toujours combattu le système de gouvernance fortifié par le régime du Président Wade. Et comment expliquer ce rapprochement alors que les plus grands soutiens du natif de Casamance, hormis l’architecte-sorcier, furent les plus ardents combattants de Wade Père ? Il n’est nullement besoin de les citer, tous. On se rappellera juste du mouvement Taxaw Tem et de Monsieur Mody NIANG.  

Le nombre de primo votants, la morosité socio économique dans laquelle le PSE a fini de mettre les grandes agglomérations, tout dans ce contexte électoral faisait miroiter aux patriotes un score intéressant, capable de provoquer un second tour à cette élection.

Issa Sall était et reste le grand inexploré de cette élection. Peu connu du grand public, informaticien chevronné, ce fils du Sine n’a pas su s’élever au rang de l’enjeu.

J’ai vu un candidat très pertinent dans sa démarche scientifique mais à la communication maladroite. Ce n’est d’ailleurs pas fortuit si les premiers heurts de cette campagne ont opposé son cortège aux partisans du Président sortant, événement qui lui a valu l’arrestation de sa garde rapprochée. Troisième de son parti, le PUR, il a été désigné candidat contre l’avis de sa hiérarchie. Je ne dirai pas qu’il a reçu tout le soutien dont il avait besoin de la part de son mouvement.

Contrairement aux autres candidats qui ont montré une détermination et un optimisme sans faille, Maitre Madické Niang a joué Dicks Comedy Club. Cela a eu le mérite, néanmoins d’apaiser les invectives que s’adressaient les différents protagonistes. Des rumeurs ont prêté au Président sortant la volonté d’immiscer Me Niang dans ce marathon présidentiel. Est-ce vrai ? Je ne saurai le dire. Seulement, force est de constater que la partition de Jam ak Xéewël a plutôt fait danser le camp de Benno que celui des adversaires radicaux. Si, par extraordinaire, sa candidature visait à faire participer le Parti Démocratique Sénégalais aux joutes électorales, la répulsion qu’il a inspirée à Maître Wade n’augure pas d’une réconciliation rapide entre les deux hommes. Et, encore une fois, un candidat fait les frais de l’absence de soutien des libéraux du PDS, de Maître Wade.

DE WADE …

Ainsi donc, je peux affirmer sans ambages que Maître Wade demeure le vainqueur de ce scrutin. Pourquoi ?

Parce que le Président Wade avait une progéniture en jeu. Karim, son fils ; et le PDS son parti. La politique sénégalaise notera dans ses annales que, par le truchement de relations internationales et un appel à la violence sans commune mesure, Wade Père a réussi à obliger Macky Sall, Président sortant et candidat à sa succession, à négocier avec lui, pour la survie de ses rejetons. L’affaire s’est conclue à Conakry, dans la plus grande opacité, à l’abri de caméras et plumes prompts à informer et même intoxiquer. Rien à filtrer de cette rencontre au sommet entre l’ancien chef d’Etat français François Hollande, le Président guinéen Alpha Condé, les représentants de Macky Sall et Wade lui-même. Rien ! Ah, la Françafrique !

Néanmoins, dans l’ornière se trouve le sillage d’une compromission affichée. L’attitude de Njombor, de retour à Dakar, en est une parfaite illustration.

Le Président Wade a arraché l’accord, le seul qui lui restait dans sa vie de militant et de père. Cet accord lui garantit la survie politique de son fils biologique, et par là même celle de son organe politique qu’il a tant chéri et pour lequel il a presque tout sacrifié. Convaincu qu’il s’agira le 24 février 2019 d’un hold up électoral, un coup d’état démocratique, jusqu’à vouloir incendier les bureaux de vote, le Vieux Père est rentré de Conakry, de l’eau dans son bissap. Il ne demandera plus à la jeunesse de mettre le feu, a contrario, il se dira neutre, restera à distance de cette élection à laquelle il ne participera aucunement.

Les jeux étaient ainsi faits.

QUE NOUS DIT 2019 ? Partie 2

 

Comme stipulé dans le premier jet de cet article, la neutralité de Maître Wade, son silence dirai-je, a joué en faveur de Monsieur Macky SALL, candidat de la majorité au pouvoir.

Le Président sortant rempile avec cinquante-huit virgule vingt-six pour cent des suffrages exprimés, soit en valeur absolue plus de deux millions cinq cent mille voix en sa faveur sur les quatre millions trois cent quatre-vingt-trois mille cinq cent soixante-dix votes enregistrés par la Commission Nationale de Recensement des Votes. Toutefois, la victoire est peu célébrée.

Ce second mandat, vœu trahi par les innombrables agissements, rêve caressé à peine le premier commencé, est incontournable pour le camp de Benno Bokk Yaakar.

La colère affichée d’une partie importante du peuple sénégalais n’y fera rien.

Les résultats provisoires proclamés, la réaction de l’opposition dont Mr Idrissa SECK se retrouve de fait leader laisse perplexe les sénégalais. Comme en 2007, le lendemain du scrutin lui aura appris de sa cupidité. L’opposition, dans une aversion assumée « d’une certaine presse », se rapproche tant bien que mal, les chefs de fil se montrant coopératifs et motivés à mener le combat. Mais étourdis par les procès-verbaux recensés, les candidats de l’opposition signent un mémorandum dans lequel ils rejettent les résultats tout en déclarant sans ambiguïté leur volonté de ne pas déposer de recours contre le verdict annoncé. La messe est dite.

Il n’est nullement besoin de démontrer le caractère frauduleux du processus électoral, ce n’est pas le sujet de cette réflexion. J’invite le lecteur de ce texte à se pencher sur les véritables facteurs qui font qu’à chaque joute électorale le tissu social est au bord du déchirement, les ardeurs sont excitées, l’Afrique retient son souffle.

J’entends clamer partout, haut et fort, comme par soulagement, que l’élection présidentielle s’est déroulée dans une ambiance apaisée. De mon point de vue, il n’y rien de plus faux. Le Sénégal a répondu à ses propres attentes, comme par le passé. Et depuis 1958.

Une écoute du sermon de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh lors de l’inhumation de feu le Président Lamine Gueye renseigne sur l’état d’esprit des élites sénégalaises ainsi que sur l’atmosphère qui a toujours accompagné nos périodes électorales.

Morts et blessés ont encore été le lot de cette campagne électorale de 2019.

A la veille des cinquante neuvièmes commémorations de l’Indépendance, dont les termes du traité signé avec l’ancienne métropole ne sont toujours pas rendus publics et restent méconnus du sénégalais, le Sénégal, cet Etat qui se veut une vitrine démocratique en Afrique demeure incapable, du fait de son administration territoriale et judiciaire, d’organiser un scrutin transparent.

Le découpage de la carte électorale laissait déjà présager d’une fraude massive mais l’opposition, malgré ses multiples appels à la société civile, n’a pas été capable de créer un rapport de force apte à faire plier le Ministre de l’Intérieur ; qui est resté stoïque et a refusé mordicus de remettre le fichier électoral à ses représentants.

Dès lors, les enjeux étaient biaisés pour les concurrents de Mr Macky SALL qui ne disposaient d’aucune lecture précise des différentes niches électorales.

A la guerre, comme à la guerre !

En politique, le rapport de force est incontournable et les nombreux frustrés d’une alliance dévoyée ainsi que les opposants radicaux au régime de Benno Bokk Yaakar n’ont pas porté leur courage pour contrer les offensives de la majorité ou même satisfaire aux conditions lui permettant d’exiger un dialogue et obtenir des contreparties.

Me WADE l’avait bien prédit. N’avait-il pas déclaré que dans de telles conditions aucun candidat ne pourra battre Macky SALL dans un scrutin ? N’avait-il pas demandé à incendier les bureaux de vote ? Que n’avait-il pas dit ?

De ce fait, Mr Macky SALL, par un communiqué laconique du Conseil des Ministres du 27 février 2019 d’abord et plus tard par une adresse à la Nation le 05 mars 2019, « remercie tous les services du Ministère de l’Intérieur, la CENA et l’ensemble des acteurs du processus électoral qui ont permis le bon déroulement des opérations électorales » (voir communiqué du conseil des Ministres et Discours du Président du 05 mars 2019).

Les sénégalais ont choisi la continuité. Le Président SALL s’en réjouit.

Toutefois, Benno Bokk Yaakar n’a pas jubilé, l’euphorie s’est limitée aux salves d’applaudissements à Boun Abdallah lorsqu’il proclamait la victoire inéluctable au premier tour, dans l’enceinte de son siège.

Cette situation a engendré des questionnements. Pourquoi les candidats de l’opposition n’ont pas réagi autrement que par une signature de protocole et un communiqué succinct et nuancé ? Pourquoi la majorité des sénégalais, qui ont presque plébiscité selon les résultats officiels le Président sortant, n’ont pas affiché leur joie, ne se sont pas paradés, klaxons aux couleurs du drapeau national et musiques accompagnant leur randonnée glorieuse ? Pourquoi ?

Certains me diront que 2012 avait été dignement célébrée. Cette victoire électorale de 2019 n’est juste qu’une formalité dans le long règne de la famille SALL. Les adversaires n’étaient que des poids plume pour un mastodonte comme Mr Macky SALL. La véritable ambition, c’est 2024.

J’y souscrirai, sans broncher.

Ils me diront, de quelque bord, que cette victoire est volée, la démocratie est confisquée, la Nation violée. Des cas de fraude, de bourrage d’urne, de falsification de procès-verbaux, des achats de conscience aux portes des bureaux de vote, le jeu trouble des médias conspirant sont exhibés, mis à nus sur internet. Les smartphones témoignent. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Et à cela aussi, je souscrirai sans broncher.

Qu’en est-il alors de ce lendemain d’élection ?

Dans une paix de façade, la tension couve. En apparence calme, la société pleure et tremble. Le pouvoir a décidé, en effet, de procéder à des arrestations en masse. Aucun pneu brûlé, aucun débris jeté, aucune bombe, rien qui peut laisser penser à un début de violence postélectorale mais la gendarmerie et la police investissent les sièges et domiciles des opposants. Des femmes de la Coalition Idy 2019 sont arrêtées. Des jeunes du parti de Idrissa SECK sont arrêtés, successivement. Le Colonel de l’Armée sénégalaise Abdourahim KEBE est arrêté. L’activiste affilié au parti de Mr Ousmane SONKO, candidat défait, Karim GUEYE est arrêté. Et les arrestations continuent.

Mais de quoi le pouvoir a-t-il peur ? Pense-t-il réellement qu’un plan pouvant mettre en mal les fondements de la République est ourdi par les candidats malheureux ?

Est-ce rendre vraie la maxime de Balzac « tout pouvoir est une conspiration permanente » ? Motus !

Ma croyance est que tout cela découle d’un schéma savamment esquissé par la majorité au pouvoir afin de confisquer, et par la force et par le verbe, l’expression des suffrages d’une grande partie des sénégalais.

Je retiens que le candidat gagnant, Mr Macky SALL, Président sortant, après sept ans au sommet de l’Etat sénégalais a lamentablement échoué dans les zones où l’électorat était informé et bien au fait des enjeux du moment. Je veux citer les grandes villes du Sénégal, Dakar, Thies, Diourbel, Ziguinchor.

Mr Macky SALL a succombé aux tares qu’il décriait en 2012. Il promeut le ralliement politique, dépense sans compter, use des moyens de l’Etat et des deniers publics pour se donner le pouvoir. Quel aveu d’échec !

 

J’ai été stupéfait de lire à travers les réseaux sociaux les publications de beaucoup de sénégalais de l’extérieur. Ces derniers, écœurés par les chiffres obtenus par la coalition Benno Bokk Yaakar, en appellent au boycott de Western Union et MoneyGram ; subordonnant leur aide, si précieuse à leur terre d’origine, à la couleur du bulletin dans les urnes. Mais pourrions-nous punir les nôtres à cause d’une supercherie centenaire ?

En tout état de cause, il faut reconnaître que le système électoral, aussi bien dans ses fondements que dans ses composantes, l’état d’instruction du peuple sénégalais, le système judiciaire, la société civile et les acteurs de la presse ne permettent pas une expression réfléchie et réelle des suffrages. On a beau chanter le suffrage universel direct mais il n’a de sens que lorsque, pour celui qui l’exprime, les conséquences sont clairement conçues.

Privé de réflexion depuis que le dicton donne au nègre le monopole de l’émotion, l’intellectuel sénégalais semble avoir peur de se concevoir, de s’inventer.

Les codes qui sont appliqués au Sénégal sont, quasiment tous, inspirés de ceux de l’ancienne métropole. Le système administratif, idem. Et le système éducatif.

Il ne faut pas être un génie pour relever l’inadéquation de ces méthodes dans notre environnement socioculturel.

Cette inadéquation engendre les faits dont nous sommes témoins. Les charrettes empruntent l’autoroute à péage, l’incivilité va crescendo et Mr Macky SALL dit « les sénégalais sont fainéants ».

Personne ne veut croire que ces systèmes ne sont pas les nôtres.

Ainsi donc, nous pourrions passer d’élection en élection sans que les maux de la société ne soient guéris, la pauvreté endiguée, l’urbanisme rénové, la santé financière rétablie.

Je rejoins pleinement cette pensée de Ahmadou KOUROUMA : « Il y a dans la vie deux sortes de destins. Ceux qui ouvrent les pistes dans la grande brousse de la vie et ceux qui suivent ces pistes ouvertes de la vie. Les premiers affrontent les obstacles, l’inconnu. Ils sont toujours, le matin, trempés par la rosée parce qu’ils sont les premiers à écarter les herbes qui étaient entremêlées. Les seconds suivent des pistes tracées, suivent des pistes banalisées, suivent des initiateurs, des maîtres. Ils ne connaissent pas les rosées matinales qui trempent, les obstacles qui défient, l’inconnu des nuits noires, l’inconnu des espaces infinis. Leur problème dans la vie c’est de trouver leur homme de destin. Leur homme de destin est celui qu’ils doivent suivre pour se réaliser pleinement, pour être définitivement heureux. Ce n’est jamais facile de trouver son homme de destin, on n’est jamais sûr de l’avoir rencontré. » (En attendant le vote des bêtes sauvages, p.60, Éd. du Seuil, 1998).

Le peuple n’est jamais sûr d’avoir rencontré son homme de destin, surtout dans ce type de scrutin.

Et 2019 continue de garder jalousement ses surprises !

 

 

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