Un hommage national sera rendu à l’écrivain et homme politique ivoirien, Bernard Dadié, décédé samedi à Abidjan à l’âge de 103 ans, ont annoncé les autorités ivoiriennes dans un communiqué reçu à l’APS.
« Sur instruction du président de la République, et en liaison avec sa famille et les acteurs du monde de la Culture, un hommage national sera rendu à l’illustre défunt en raison du modèle de vie qu’il symbolise pour les jeunes générations et de la place majeure qu’il occupe dans le champ des Belles-Lettres’’, a souligné, Maurice Kouakou Bandaman, ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie.
M. Kouakou, cité dans le commune qu’ avec la disparition de Bernard Dadié, ’’le continent africain a perdu un défenseur passionné des libertés individuelles et collectives dont les écrits et l’action politique sont un grand chant d’amour lancé au monde depuis la Côte d’Ivoire ».
Les autorités ivoiriennes n’ont avancé aucune date pour la tenue de cet hommage national au défunt homme de lettres.

‘’Ce grand homme dont la vie est une leçon de liberté et d’engagement au service du rayonnement de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique, du monde est un exemple d’auteur tout à la fois prolixe et de haute veine qui a hissé haut le pavois de nos Belles-Lettres », a témoigné le ministre.

Ses œuvres sont inscrites aux programmes scolaires depuis les années 1960 et enseignées dans de nombreuses universités à travers le monde.
« Elles accompagnent la vie de millions d’élèves et d’étudiants, pour la fierté de notre pays. A juste titre, elles sont traduites dans de nombreuses langues et ses pièces de théâtre, jouées sur de grandes scènes du monde », a insisté Maurice Kouakou Bandaman.
Pour le président de l’Association des écrivains du Sénégal (AES), Alioune Badara Bèye joint par téléphone, « c’est toute l’Afrique qui doit lui rendre hommage ».
« Au niveau des écrivains du Sénégal, nous sommes en train de nous organiser pour participer aux obsèques, préparer une délégation à la dimension de son talent, de sa représentativité au niveau des lettres africaines », a dit M. Bèye.
« Bernard Dadié est un père des lettres africaines. Je l’ai connu dans les années 1974-1975, il m’a été présenté par l’ancien président Amadou Cissé Dia avec lequel il a fait l’école William Ponty », a-t-il ajouté.
Il estime que c’est « l’un des plus grands dramaturges, doublé d’un poète et d’un essayiste, parce que la plupart de ses œuvres ont été traduites en anglais, français, arabe, etc. ».
Le président de l’AES note que l’écrivain ivoirien entretenait de bonnes relations avec ses homologues sénégalais.
« Il était plus âgé que nous, mais il a été très ouvert envers la nouvelle génération. Il me faisait l’honneur de me recevoir à chaque passage en Côte d’Ivoire. Il était ministre des Affaires Culturelles de la Côte d’Ivoire et chaque fois qu’il avait l’occasion, il venait nous rendre visite à Dakar. Il venait voir Birago Diop (écrivain sénégalais) de son vivant », se rappelle Alioune Badara Bèye.
L’auteur Bernard Binlin-Dadié s’accompagnait avec Birago Diop, Amadou Cissé Dia et Léopold Sédar Senghor même si « ce dernier était plus âgé que lui », souligne Bèye.
Tous ces écrivains de la première génération étaient des « contemporains des lettres », fait valoir le dramaturge sénégalais.
Bernard Binlin-Dadié était souvent invité à Dakar à l’occasion des premières éditions de la Biennale des arts et lettres de Dakar, notamment celles de 1990 et 1992.
« Il y a quelques années, il était invité de la Foire du livre de Dakar et lors des premières biennales de Dakar où il faisait partie des invités de marque », se rappelle Alioune Badara Bèye.
L’auteur de « Pagne noir-Contes africains », ouvrage publié en 1955, est membre fondateur de « PEN » (poètes, essayistes et nouvellistes) Côte d’Ivoire dans les années 1978-1980.
On compte parmi sa riche publication, des ouvrages majeurs tels que « Climbié » (1956), le recueil de poème « La ronde des jours » (1956), le roman « Un Nègre à Paris » (1959, « Monsieur Thögö-Gnini » (1970), « Les voix dans le vent » (1970), etc.
Bernard Binlin-Dadié disait écrire pour « écarter les ténèbres et ouvrir, à chacun, des fenêtres sur le monde ».
Bernard Binlin-Dadié a reçu de nombreuses distinctions. L’une des toutes dernières est le Prix « UNAM-Jaime Torres Bodet » décerné par l’UNESCO en 2016.
En reconnaissance de son talent, le ministère ivoirien de la Culture et de la francophonie a parrainé sa candidature au « Prix Nobel de littérature » et créé des prix littéraires portant son nom, « Le Grand Prix national Bernard Dadié de littérature » et le « Prix national Bernard Dadié du jeune écrivain ».

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