C’est vers les coups du soir qu’on nous annonce, à travers notamment une vidéo devenue virale sur Twitter, les dernières échauffourées opposant les étudiants de l’université de Dakar et ceux, disent-ils, les étudiants de l’école supérieure polytechnique de Dakar, une école logée au sein de l’université Cheikh Anta Diop.

Le paradoxe est éclatant. Cette fois-ci, on refuserait probablement de tisser l’explication autour de la question de la revendication sociale légitime, au regard de ce qui s’est passé. Des étudiants encagoulés, il en existe peut-être, mais des étudiants terroristes, non. Peut-on à vrai dire considérer, à la lumière de ces violences, cette grève qui n’a que trop duré, lègitme ? C’est depuis le 25 janvier qu’elle a commencé, et on ne sait pas, comme toutes les autres manifestations, si cela va prendre fin de manière définitive, s’interroge une étudiante. Chose difficile à avancer. En revanche, Il en existe, au même moment, des témoignages quelque part objectifs qui rendent une lecture assez claire de la situation.
Si l’on peut tenter de donner une explication à ce propos, cette analyse voudrait en même temps inviter les principaux concernés à changer de fusil d’épaule et à marteler un discours de paix. Cette lecture se veut également un éclairage par rapport à la situation actuelle. Par conséquent, l’idée c’est que l’on essaie pas de simplifier à outrance les regards à ce niveau. Compte non tenu de l’atmosphère de haine et de sabotage qui règne présentement dans le campus, il me semble dans le même esprit que les étudiants sont parfois ceux qui manipulent et ceux qui sont manipulés.

Ce jeu de dupe et de désinformation risque à bon égard de saper la cohésion interne et de produire des solutions sans lendemain.
Même si tout est parti d’une revendication légitime pour les étudiants de l’ESP, la grève reste tout de même une chose déligitime pour ces multiples étudiants massès dans l’enceinte de l’ucad et qui regardent de loin cette grève. En s’interrogeant sur les causes de cette même revendication, c’est comme si tout pouvait clairement se régler d’une manière très simple. D’aucuns diront à fortiori que nous sommes dans un temple du savoir. En vérité , les négociations entre étudiants sont quelque peu une manière de justifier le ridicule par la violence. La tradition voudrait par ailleurs nous imposer cette même appréciation. Pour avoir fréquenté l’université, il me semble que toutes ces formes de soubresauts témoignent d’une seule chose: la perpetuation du ridicule et l’incapacité à produire du sens dans nos universités.

Faire la grève est plus que jamais une nécessité dans un campus pour vu que cette logique ne prenne pas le dessus sur les véritables enjeux auxquels nous sommes tous tenus de respecter et de faire épanouir. Aujourd’hui, il est fort probable de voir se développer des formes de manipulation graves au sein du campus universitaire, allant même jusqu’à saper la bonne entente entre étudiants, voire même se créer les conditions dramatiques au rebours des principes et textes qui regissent le bon fonctionnement d’une université. L’université de Dakar n’a certes jamais dérogé à la règle, s’il s’agit de mouvements d’humeurs incessants au sein du campus pendant l’année universitaire, mais il reste évident que les étudiants ne se sont jamais comporté de façon si ridicule. Ces jets de pierres lancés sur le dos des uns et des autres et ces gobelets ramassés à la lisière des espaces de débat et confrontation, parfois fraternelle, ne participent pas à donner une bonne image à l’université sénégalaise.

Ces manifestations ont en effet quelque chose de particulier. Dans la mesure cette grève oppose le Coud, chargé naturellement d’assurer et de soutenir activement la vie au sein du campus, et des étudiants de l’école supérieure polytechnique, la seule, peut-être à Dakar, a délivré les meilleures certifications, ces mêmes étudiants doivent avoir la conscience pleine que les choses évolueront grâce à leur volonté de tout changer de la plus bonne des manières. Ces jets de pierres et courses-poursuites ne pourront naturellement jamais faire avancer le processus de changement que les jeunes espèrent voir advenir un jour. Barricader ou empêcher à des frères étudiants d’entrer dans l’enceinte d’une école est chose inacceptable, de même que pousser la logique de la manipulation au sein du campus universitaire. Par conséquent, au coud de prendre des mesures responsables. Aux étudiants d’être fraternels.

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