« Une fois pour toute, l’Etat du Sénégal doit faire cette guerre inévitable en Casamance. » a conclu le journaliste Cheikh Yerim Seck dans son éditorial maladroit et belliqueux titré: l’Etat doit faire la guerre en Casamance. Un édito qui a embrasé les réseaux sociaux et suscité condamnations et désapprobations de toute part.

Si c’était une autre personne qui n’a jamais quitté ce pays et qui ne connait pas les affres de la guerre, on aurait compris cette déclaration. Mais venant d’un journaliste qui connait bien la sous région, les guerres civiles et les conséquences économiques d’une guerre, c’est incompréhensible !

A y regarder de près, on se rend compte qu’un seul mot peut résumer cette sortie : le buzz. Autrement dit : buzz à tout prix. Par malheur, Monsieur Seck  a remué le couteau dans une plaie vieille de 36 ans. C’est ce qui explique les tirs groupés sur sa personne. D’aucuns n’ont pas manqué d’utiliser des armes non conventionnelles pour l’atteindre, mais le débat n’est pas à ce niveau.

Dans son édito ponctué de citations qui font l’apologie de la guerre, il donne des exemples incomparables : « Les exemples du Libéria, de l’Angola, de la Sierra Léone prouve nt qu’une rébellion ne prend fin que lorsqu’elle est vaincue, anéantie, éradiquée … », dit-il. Précisons: d’abord, ces rebellions polymorphes sont différentes de celle qui existe au Sénégal. Ensuite Au Libéria 500 000 personnes ont été tuées et un million déplacées, en Angola, on estime entre 500 000 et 1 million le nombre de morts,  à cela s’y ajoute 4 millions de déplacés et 100 000 mutilés et  en Sierra Léone, on parle de  120 000 morts et des milliers de civils mutilés…. Alors pourquoi citer ces pays qui continuent d’envier le Sénégal sa stabilité, sa concorde et sa Téranga ? Pourquoi conseiller la guerre alors qu’on a tous des frères et sœurs dans cette partie sud du pays ?

Parce que vous venez de mettre en ligne un blog et que vous voulez des visiteurs. Parce que vous voulez avoir du trafique… Le droit d’avoir une plateforme pour t’exprimer ne te donne pas le droit de dire du n’importe quoi au point de voir votre crédibilité lacérée par mont et par vaux. La question Casamançaise est trop sérieuse pour être utilisée comme appât.

« L’intelligence défend la paix. L’intelligence a horreur de la guerre » méditez sur cette assertion de Paul Vaillant-Couturier.
Edito : Fajarinfos

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